Occasion pour nous de revenir sur son parcours.
Personnage mêlant à la fois l’image d’un panafricain convaincu et celle d’un tyran sanguinaire, Ahmed Sékou Touré est avant tout l’homme qui a osé dire « non » au Général de Gaulle.
Le 25 août 1958, le général de Gaulle est en campagne en Guinée pour le « oui » à la « communauté franco-africaine ». Ahmed Sékou Touré tient son discours devant une foule attentive.
Son principal hôte, le général de Gaulle visiblement très énervé et offusqué n’en croit pas ses oreilles. Sékou Touré vient de lui lâcher un lancinant « Non ! » à la communauté française : « Nous disons non de manière catégorique à tout aménagement du régime colonial et à tout esprit paternaliste… Il n’y a pas de dignité sans liberté. Nous préférons la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l’esclavage ».
Le 28 septembre 1958, la Guinée refuse massivement la « Communauté franco-africaine ». Le 2 Octobre 1958, l’indépendance de la République de Guinée est proclamée. La Guinée devient ainsi la première colonie française d’Afrique à obtenir son indépendance.
Le 15 Janvier 1959, Ahmed Sékou Touré est officiellement élu président de la République. Décidés de faire payer l’effronté Sékou Touré, les français quittent la Guinée et emportent avec eux tout ce qu’ils peuvent (fils électriques, câbles téléphoniques, machines à coudre et à écrire…).
Ahmed Sékou Touré est né en 1922 dans le petit village de Faranah. Le jeune élève est turbulent et n’aime pas « l’école des blancs ». Il est exclu de l’école Georges Poiret à cause de ses prises de positions anticolonialistes. Il est obligé de multiplier les petits boulots pour gagner sa pitance.
En 1945, il participe alors à la fondation du syndicat des travailleurs des PTT dont il devient très rapidement secrétaire général. En 1947, il fonde la branche guinéenne du RDA qui deviendra plus tard le parti démocratique de Guinée (PDG).
Il devient l’une des principales figures politiques du pays. En 1956, Sékou Touré est élu maire de Conakry. En Janvier de la même année, il siège au palais Bourbon en tant que député au sein de l’assemblée nationale française.
Sékou Touré est nommé vice-président du conseil de Gouvernement avant d’en devenir président en juillet 1958. Arrivé au pouvoir, le général de Gaulle décide de mettre en place une communauté franco-africaine. Sékou Touré dira non au général et la Guinée proclame son indépendance dans la foulée.
Confronté à la haine de l’ancienne métropole, Sékou Touré se tourne vers le bloc de l’Est (URSS, Chine …) dans un contexte de guerre froide. Panafricaniste convaincu et partisan de l’unité africaine, il fonde en 1960 avec Modibo Keita et Kwame Nkrumah l’Union des Etats d’Afrique de l’Ouest.
En 1961, il est lauréat du prix Lénine pour la paix. Il se lie avec de nombreux mouvements anticolonialistes et soutient les mouvements indépendantistes. En 1960, Sékou Touré décide de frapper une monnaie guinéenne : « le syli », avec comme toujours pour emblème, l’éléphant. « Le grand Syli » meurt le 26 mars 1984 à Cleveland aux Etats Unis.
Malgré son panafricanisme, son soutien indéfectible aux mouvements nationalistes, cet ardent défenseur de l’unité africaine a instauré en Guinée une dictature sanguinaire avec le PDG comme parti unique. Atteint de paranoïa et soucieux de conserver son fauteuil présidentiel, Sékou voit les complots un peu partout.
Tous ses opposants et ses présumés rivaux sont enfermés dans le sinistre camp Boiro de triste renommée. Il a développé autour de sa personne un immense
culte de la personnalité qui lui a valu des titres et surnoms « glorieux » tels que : « le guide clairvoyant », « le stratège », « Le cher guide éclairé ».
Panafricaniste, nationaliste, dictateur sanguinaire, Sékou Touré était tout cela à la fois.
L’oubli est la ruse du diable.
Arol KETCH – 26.03.2024
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