C’est une belle histoire d’amour. L’histoire d’une européenne qui a aimé un homme et un pays d’un seul cœur. C’est l’histoire d’une européenne qui a accepté d’être l’une des épouses d’un roi bamiléké polygame.
Née en 1943 à Douala de parents missionnaires protestants français établis au Cameroun, Claude Bergeret passe une bonne partie de son enfance à Bangangté dans la région de l’Ouest Cameroun.
En 1956, elle retourne en France à l’âge de 13 ans. Bien que parfaitement intégrée dans la société française, elle se sent différente ; pour elle, sa vie est ailleurs. Après des études supérieures en géomorphologie à Aix-en-Provence, elle épouse un français.
De cette union, naîtront deux enfants. Serge en 1966 et Laurent en 1968. En 1972, Claude Bergeret divorce et décide de retourner au Cameroun. En 1974, elle signe un contrat de 3 ans comme professeur au collège pour filles de Bangangté-Mfetom avec la même société missionnaire où ses parents furent missionnaires.
Fréquentant régulièrement la chefferie Bangangté, elle tombe sous le charme du roi François Njiké Pokam qui avait à l’époque près d’une trentaine d’épouses légitimes.
Subjuguée par « l’intelligence du regard », « le charisme » et par « l’élégance » du roi traditionnel, elle ne tarde pas à tomber enceinte et devient l’une des nombreuses épouses du roi.
Ce qui est perçu comme un scandale dans la société européenne locale pour qui cette union est totalement opposée aux valeurs occidentales. Comment expliquer qu’une européenne, de surcroît chrétienne et fille de pasteur puisse épouser un roi polygame pratiquant des coutumes et rites païens ?
Confrontée aux interrogations et aux récriminations de ses proches, Claude Bergeret répond : « J’ai aimé un homme, comme je n’avais jamais aimé aucun homme avant. C’est l’histoire de tous les couples et chaque histoire est différente ».
Claude épouse le chef, s’installe officiellement dans la chefferie et devient l’une
des nombreuses reines de la chefferie. Elle gagne alors le surnom affectueux de « Reine blanche ». Claude se dit Bangangté, s’exprime parfaitement en langue medumba et appelle ses amies : « ses sœurs ». Avec le roi François Njiké Pokam, elle aura deux autres enfants : Sophia née en 1978 et Rudolf né en 1980.
9 ans après leur union, le roi meurt d’une cirrhose du foie (le 7 décembre 1987).
A la mort de son mari, la « Reine Blanche » refuse les rites de veuvage et refuse d’épouser le successeur du roi comme le veut la tradition. Elle dira à ce propos : « J’ai épousé un homme et non une dynastie ».
Elle quitte la chefferie et part s’installer avec ses enfants au bord du fleuve Noun, sur une terre fertile jamais habitée où elle développe une exploitation agricole et exploite une petite ferme.
La « Reine blanche » profite de sa vie calme dans son havre de paix pour s’adonner à l’écriture. Elle est l’auteure de plusieurs livres racontant sa vie et valorisant les cultures africaines : Ma passion africaine en 1997, La Sagesse de mon village en 2000, Agis d’un seul cœur en 2009.
Le jeune auteur Franck Kemayou lui a consacré un excellent ouvrage en langue medumba; véritable hommage vivant : “ Nteushun Mekad : une véritable histoire d’amour pour le Cameroun” ( livre traduit en français, en anglais et en allemand)
Arol KETCH – 08.01.2024
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