Dans la nuit du 05 au 06 novembre une trentaine de personnes a été tuée à Mamfe dans le Sud-Ouest Cameroun. Ils ont été brûlés vifs dans leur sommeil, leurs maisons incendiées et ceux qui essayaient de s’enfuir étaient tout simplement abattus.
Les sécessionnistes ambazoniens seraient responsables de cette tuerie ignoble que nous condamnons. Ce massacre serait dû à des représailles envers les populations civiles locales, soupçonnées de coopérer avec les forces armées gouvernementales.
Depuis 2016, une guerre inutile décime les régions anglophones du Cameroun où des sécessionnistes réclament l’indépendance de l’Ambazonie. Des dizaines de milliers de morts et on semble même s’y accommoder. Sous d’autres cieux, le Président de la République se serait adressé à la nation après un tel massacre et des journées de deuil national décrétées.
La mort fait désormais partie du quotidien des camerounais qui ont perdu leur capacité d’indignation collective. Elle n’émeut plus personne. Le massacre de Mamfe nous rappelle cruellement les périodes les plus sombres de notre histoire; notamment l’incendie du quartier Congo à Douala.
Le dimanche 24 avril 1960. Aux alentours de 15 h , on aperçoit une épaisse couche de fumée et d’immenses flammes se dégager du quartier Congo à Douala. Ceux qui sortent des flammes pour s’échapper trouvent face à eux des armes à feu pointés. Il ne leur reste plus qu’à choisir entre mourir calciner dans les flammes ou périr criblés de balles.
Les personnes, surprises par le feu et qui tentent de s’en échapper, sont abattues, froidement, soit par les militaires, soit par les Haoussa, armés de leurs arcs et de flèches.
Lorsque le feu prend fin vers 17 heures, il ne reste plus rien des baraquements de ce quartier, et le nombre de morts par le feu se dispute avec celui par les balles et par les flèches.
En effet, le quartier fut encerclé par l’armée et leurs complices haoussas pour empêcher les habitants de sortir. Ceux qui s’y osaient étaient froidement abattus à coup d’armes à feu, avec des lances et des flèches empoisonnées ou des machettes offertes par les commerçants expatriés.
Dans l’impossibilité de sortir de cette zone de flammes, des hommes, femmes et enfants plongeaient dans des puits profonds et s’y noyaient. C’était l’horreur.
Des témoins affirment même avoir aperçu un hélicoptère français survoler le quartier, y déversant un liquide inflammable. La majorité des constructions du quartier étant en carabotte ( planche), cela va favoriser l’incendie du quartier. Cet incendie criminel fera des milliers de morts. Le bilan exact n’a jamais été établi à ce jour.
Triste est de constater que plus de 60 ans plus tard, des événements similaires dans la cruauté se reproduisent dans la même indifférence.Pensées profondes pour tous ceux et celles qui ont perdu la vie à Manfé. La terre est sale. Si è ne mvit.
Je raconte l’histoire de l’incendie du quartier Congo dans mon livre “ rivière de sang”.
Disponible au Cameroun
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Librairie des peuples noirs – Montée SNI
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